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Les Après-midi culturel de l’ALI
Samedi 11 janvier 2025
Les repères classiques de la clinique analytique nous permettent d’approcher les traumatismes comme autant de répétitions de celui qui, pour un sujet, fut inaugural et symbolique lorsque s’inscrit pour lui la dimension fondamentale de la perte comme conséquence de son entrée dans le langage. A côté du traumatisme symbolique, ne pouvons-nous préciser les difficultés posées spécifiquement par certains traumatismes réels ?
L’ALI a déjà pu en évoquer et en interroger au moins trois formes.
Le travail du cartel de l’Amérique latine a permis d’avancer l’hypothèse d’un discours post-colonial, dont la violence instaure l’absence d’une dialectique entre S1 et S2, autrement dit entre symbolique et réel, et aussi bien entre un homme et une femme. Cette proposition de Charles Melman est toujours d’actualité, et anime les travaux notamment des collègues latino-américains dont ceux d’Omar Guerrero.
La violence de l’esclavagisme, quant à elle, nous invite à prendre en compte les traces subjectives qui peuvent en être toujours présentes chez les analysants antillais. La tentative de Lacan d’un nœud à quatre permet ici d’évoquer une nomination imaginaire pour en rendre compte. Les travaux de notre collègue Jeanne Wiltord témoignent aussi de cette clinique singulière.
Choula Emerich enfin nous a proposé avec Charles Melman le retournement d’un tore du nœud borroméen pour rendre compte cliniquement du traumatisme réel : celui du génocide dont furent objet les Juifs pendant la dernière guerre mondiale, par exemple.
Remarquons ainsi que trois formalisations différentes essaient de rendre compte de cette question dans sa dimension clinique : la logique des discours, le nœud à quatre et le retournement du tore – autant de propositions topologiques pour réfléchir à cette clinique au-delà de notre senti-mental ordinaire.
Quelle serait alors la juste place à donner au social quand il transmet lui-même la question d’un réel qui dépasse celui classique, symbolique, provenant du cercle familial ?
Nous souhaitons que cet Après-midi de l’ALI soit une invitation faite aux analystes à en débattre.
En introduction une pièce de théâtre de Jean Claude Grumberg, Maman revient pauvre orphelin, sera lue par un groupe d’acteurs. Cette courte pièce évoque, non sans humour, le moment où le sujet pourra entendre l’invitation à assumer son désir, au delà des déterminations fâcheuses de son destin. On aurait envie de dire qu’elle évoque ce qu’une analyse peut ou devrait se donner comme but : que le sujet prenne acte que le lieu de l’Autre est vide.
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Retour sur le débat de la notion du traumatisme réel lors de l’Après-midi culturel de l’ALI (d’autres interventions suivront)
Delphine Redler : AVANT APRÈS
Virginia Hasenbalg : Le traumatisme réel