Littérature et Inconscient

L'intérêt conséquent porté par Lacan à la littérature lui vaut, aux Etats-Unis, d'être tenu à l'écart de la clinique et réservé aux études littéraires. Convenons que d'Amphitryon en 1953, à Joyce en 1975, il n'est de séminaires qui ne portent l'empreinte de la littérature. Quant aux Ecrits, comme il les titra, il insiste pour remarquer qu'il débute par la question du style et l'étude de "La lettre volée"... (lire la suite)

Par ce texte : Artaud, le logicien de l'écriture , Dominique Texier inaugure cette nouvelle (rubrique) : Littérature et Inconscient

Par une analyse précise et ramassée, l'auteur situe entre structure, écrits et création, le travail sur le langage, l'écriture et la lettre opéré par Artaud, toujours menacé de néantisation.

Est-il parvenu, à l'instar de Joyce, à faire nom de son oeuvre ? Plus qu'Antonin Martaud comme Breton savait l'appeler, Dominique Texier fait valoir un Antonin Hartaud. Reste que, par cette lettre H qu'il crée, Antonin Artaud signe peut-être l'échec de l'oeuvre à donner corps à son nom, à le faire consister, ce qui l'entraînera peut-être, en dernier lieu, à déclarer son oeuvre : déchet de lui-même, raclures de l'âme .

La réussite d'Artaud n'est-elle pas alors, interroge finement Dominique Texier, dans cette aptitude à transmettre vif, par la mutuelle exclusion de la folie par l'oeuvre et de l'oeuvre par la folie, le réel qui l'a déchiré ?