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Association lacanienne internationale


L’urgence et les temps du transfert / A urgência e os tempos da transferência

Cette conférences a été prononcée le 4 février 2015, à la Maison de l’Amérique Latine, dans le cadre du cycle 2014/2015, du cartel franco-brésilien de psychanalyse sur le thème :  "Situation de la psychanalyse en France et au Brésil aujourd’hui.L'auteur en offre une lecture bilingue.

Tout d’abord, je tiens à remercier pour cette invitation à parler de la situation de la psychanalyse dans mon pays, dans les locaux de la Maison de l’Amérique latine. Aborder un thème aussi important dans le cadre d’une relation Brésil-France permet de décentrer la question et de la situer dans la condition plus vaste de l’insertion de la clinique psychanalytique dans la contemporanéité.

 

Dans un premier temps, je vais présenter rapidement mes expériences afin d’indiquer les éléments dont je dispose pour penser sur la question. Depuis un certain nombre d’années déjà, je travaille de manière régulière dans trois villes du Brésil : Porto Alegre, Rio de Janeiro et São Paulo. J’ai la chance de participer à différents contextes de circulation des discours et aux effets de l’insertion de la psychanalyse à plusieurs niveaux : la formation d’analystes dans l’institution de laquelle je fais partie (APPOA) ; l’enseignement des étudiants de master et doctorat de l’Université Fédérale de l’État de Rio De Janeiro ; l’accompagnement d’étudiants d’un service de psychiatrie ambulatoire de l’université ; la supervision d’équipes de services publics de prise en charge psychosociale (CAPS). Sans oublier, cela va de soi, un lieu de base : le cabinet de consultation, également dans ces villes. Ces différentes expériences m’ont permis d’avoir certaines notions de la situation de la psychanalyse au Brésil. Si ces lieux ne sont pas homogènes en termes d’insertion et d’influence de la psychanalyse, il est cependant possible d’affirmer qu’elle continue d’être en voie d’expansion. Et même si des signes de fermeture au lacanisme sont perceptibles à São Paulo (l’an dernier, une clinique a été fermée et certains appels d’offre empêchent l’embauche de psychanalystes pour travailler avec des autistes), il reste très présent et valorisé, en particulier parmi les intellectuels. Pour preuve, la nomination de notre collègue psychanalyste de l’APPOA, Maria Rita Kehl, à la Commission Nationale de la Vérité pour recueillir et témoigner des éléments traumatiques engendrés par la dictature militaire dans le pays.

 

Dans ce « relevé » sur l’extension de l’insertion de la psychanalyse, j’aimerais également mettre l’accent sur ce qui nous interroge quand nous faisons partie de ces lieux. Je vais commencer par évoquer une question clinique précise, qui me servira de paradigme pour une présentation plus globale. En faisant cela, je prends exemple sur Freud qui prenait des éléments apparemment ordinaires pour réaliser des constructions complexes – il suffit de penser à Totem et Tabou. Il y a quelques années, l’équipe d’un service de prise en charge psychosociale (CAPS) de São Paulo (que j’ai déjà mentionnée auparavant) m’a contactée pour superviser un cas qui mobilisait toute l’institution : il s’agissait d’une fillette de 12 ans qui se mutilait la peau. Suite à cela, le nombre de demandes de supervision de cas similaires n’a pas cessé d’augmenter, aussi bien de la part de cliniques publiques que de cabinets de consultation privés. En outre, une telle pratique s’est accrue parmi les filles dans plusieurs endroits de Brésil. J’ai d’abord été surprise parce que j’avais l’habitude de rencontrer ces cas comme passages à l’acte, dans des cas très graves. Or, ce n’était pas le cas de la majorité. Peu à peu, j’ai compris qu’il s’agissait d’autre chose, de la quête grandissante d’une tentative de marquer le corps. Comme j’avais travaillé sur ce thème dans un livre publié en 2003, ces demandes m’intéressaient tout particulièrement.

 

Le constat immédiat est que cette pratique produit une compulsion. Internet est devenu un véhicule de diffusion de ces quêtes avec la construction de blogs où sont publiés des témoignages et des photos. Un de ces blogs a attiré mon attention, le blog intitulé Querida lâmina – en français, « Chère lame », qui semble remplacer l’ancien « Cher journal » avec lequel les adolescentes commençaient à se construire une intimité discursive, dans les generations precedents. En somme, une pratique adolescente de l’ordre d’une tentative ratée de séparation. Deux éléments importants sont à retenir : le thème de la compulsion et le remplacement par Internet des récits de l’« intimité », dont la construction initiale se faisait avec les journaux. J’y reviendrai.

 

Les récits des jeunes filles (généralement entre 12 et 14 ans) se répètent comme ces textes sans sujet : elles angoissent, se coupent, se soulagent en voyant le sang couler. Sur les blogs, elles sont blessées dans l’âme, par manque d’amour, donc se coupent. C’est un paradoxe dans la mesure où la plainte concerne un manque et l’acte dit d’un excès : elles se coupent par excès. Ce sont des questions caractéristiques de la manière dont se constitue l’angoisse, située dans la relation entre l’image et la coupure : un manque qui se présente comme excès. L’image qui apparaît en tant que présence de l’objet est l’Unheimlich, si bien signalé par Freud. On peut penser ici au rapport à la spécificité d’une image, à la référence à une esthétique qui est recherchée dans les messages publiés sur Internet avec les photos des coupures. C’est comme un deuxième temps, une recherche de production d’une identification. La dynamique contemporaine de séparation des adolescents semble se faire ainsi, principalement chez les filles. Cet élément est en lien avec le corps féminin, en situant dans un au-delà quelque chose du corps maternel. Dans le séminaire Encore, Lacan a nommé ce passage constituant du corps comme l’« amur », où les caractères sexuels secondaires se présentent à la fille comme étant du corps de la mère.

 

Pour avancer sur le thème et mieux situer ce que je propose à la réflexion, je vais reprendre certains fondements de la psychanalyse. Le premier concerne l’affirmation de Lacan selon laquelle le trait unaire se marque d’abord comme tatouage. La présence du terme « d’abord » suppose des dédoublements de temps logiques. La seconde indication se trouve dans le passage suivant du séminaire L’envers de la psychanalyse :

 

[...] il y a tout de même quelque chose de tout à fait radical, c’est l’association, dans ce qui est à la base, à la racine même du fantasme, de cette gloire, si je puis m’exprimer ainsi, de la marque.

 

Je parle de la marque sur la peau, d’où s’inspire dans ce fantasme ceci, qui n’est rien d’autre qu’un sujet s’identifiant comme étant objet de jouissance. Dans la pratique érotique que j’évoque, qui est la flagellation [...], le jouir prend l’ambiguïté même par quoi c’est à son niveau, et à nul autre, que se touche l’équivalence du geste qui marque, et du corps, objet de jouissance (p. 51).

 

Ces observations renforcent le constat de la difficulté d’une telle demande clinique, à laquelle s’ajoutent des excès d’interventions des parents (surtout la mère) ou des écoles. Nous y voyons un court-circuit entre le trait unaire et l’objet de jouissance, qui interpelle ceux qui s’occupent de cette question. La plainte comme la compulsion en sont des indices. Dans ces plaintes, la peau de l’adolescente est comme un champ de bataille où se marque une rencontre anticipée sexe/mort dans une surenchère du rapport à l’Autre : que ce soit en face de la jouissance ou par la condition de l’angoisse.

 

Dans l’extrait de Lacan supra cité, il faut relever la « gloire de la marque » et la rapprocher du texte Kant avec Sade, dans lequel les marques de Sade sur la tête de lit correspondent au registre de ses orgasmes. Là, on peut penser à la dissipation du sujet dans la jouissance se confondant avec la rencontre de cet unaire comme présence, comme marque. Dans les cas que nous évoquons, c’est le caractère éphémère de cette rencontre qui établit la compulsion : les filles ont beau se couper toujours plus, la séparation ne se fait pas – il n’est pas procédé à un deuil – et la douleur est jouissance.

 

Je fais allusion au deuil parce qu’il me semble que c’est une question importante. On peu penser comme une résolution necessaire a cette problematique lá. Dans plusieurs cas, la production des coupures est en lien étroit avec la séparation de l’objet. Ma référence à l’objet prend comme base l’objet a, proposé par Lacan à partir du Séminaire L’angoisse. Et j’en viens à un point d’autant plus important qu’il se reflète dans certaines difficultés de la clinique. L’objet comme présence – racine de l’angoisse – se trouve dans l’expression utilisée par Lacan pour situer les premières références à la séparation pour l’infans : il propose par exemple l’objet sein comme amboceptif – pas vraiment de l’enfant, pas vraiment de la mère. En d’autres termes, la marque qui situe l’objet dans un double jeu de satisfaction/séparation peut concerner aussi bien le corps de l’enfant que celui de la mère. L’angoisse est l’élément charnière de cette frontière jamais complètement établie. Les propositions postérieures au séminaire sur l’angoisse, sur l’objet a comme un plus-de-jouir, réarticulent ce thème et montrent l’importance de la question du deuil dans la clinique. Par « deuil » j’entends le passage par une expérience qui se dédouble en différents temps logiques et qui resitue le rapport à cette marque-objet.

 

Le passage par les temps d’un deuil permet un ancrage dans le fantasme qui est une forme de voilement du Réel, ainsi que la possibilité de constitution d’un lien médié par l’amour. Ce processus apparaît clairement dans la réalisation de certains tatouages. Ce sont des significations du tatouage qui nous permettent de reconnaître en lui quelque chose d’un deuil et d’une demande d’amour, dans une condition qui se différencie des coupures mentionnées auparavant. Lorsque le tatouage occupe cette condition – au niveau de sa spécificité et de sa différence par rapport aux coupures –, il contient une tentative de voilement spécifique du fantasme.

 

Le deuxième point qu’il me semble important de reprendre est l’affirmation de Lacan qui situe le corps en tant qu’amur, où les caractères sexuels secondaires de la fille se présentent comme étant du corps de la mère. C’est le passage à une position sexuée qui s’impose, où la construction adolescente surgit comme une affirmation de cette position. Les difficultés se constituent dans ce moment. On assiste à un mouvement qui implique autant l’angoisse que la constriction du corps par l’inhibition, jusqu’au choix du symptôme. Disons que cet agir adolescente se détient sur le bord : dans une antériorité logique au choix du symptôme.

 

Étant donné que les raisons de ces difficultés sont nombreuses, il faut toujours les situer au cas par cas. Toutefois, nous pouvons signaler une spécificité qui concerne le lien avec le thème de l’amour et qui se situe dans la référence au deuil : la coupure compulsive de la peau signifie un acte/objet qui ne sépare pas puisque le sujet ne trouve pas de dérivation comme demande d’amour. J’ouvre ici une petite parenthèse sur la particularité de la relation demande/amour pour pouvoir situer la spécificité de l’amour dans le transfert – un sujet vers lequel j’aimerais arriver. Dans le Séminaire Encore, Lacan ponctue le thème de l’amour dans le rapport à la lettre. Nous y reconnaissons le besoin d’un passage par différents temps, où l’adresse implique la suspension, le détour et l’erreur. Autrement dit, il situe la relation entre l’acte et la suspension, spécifique du détour que la perte des certitudes, le dédoublement du doute, construit comme temps d’élaboration. On peut penser que la lettre d’amour est responsable de la construction d’un récit de l’intimité, suspendu à un temps de comprendre caractéristique d’un parcours dans lequel un deuil est en jeu. Finalement, quelle est la spécificité de ce récit dans ce qui nous intéresse ?

 

J’en viens à présent à la question des effets d’Internet sur la recrudescence des coupures chez les jeunes filles. Actuellement, la fréquence élevée de l’acte de se couper résulte de l’effet contagieux produit par Internet. Certes, cette affirmation doit être validée pour justifier la raison de ce choix plutôt qu’un autre. Le thème de la contagion est présent dans le texte freudien Psychologie des masses et analyse du moi, avec le fameux exemple des jeunes filles du pensionnat. Dans un passage, une pensionnaire reçoit une lettre d’amour qui provoque de la jalousie et une attaque hystérique. Certaines de ses amies ont alors, par contagion, la même attaque.

 

Pour la fille, le corps de l’excès renvoie au lien avec le corps de la mère, ce qui donne lieu à des tentatives concrètes de séparation. Agressivité, virulence et rétraction font partie de ces tentatives. Elle cherche à produire des bords corporels – limites au niveau du corps – quand ce dernier a perdu sa configuration imaginaire et qu’il se confond avec la face réelle de l’objet ; autrement dit, quand la dissymétrie de registres (RSI) perd une différenciation nécessaire. La jeune fille peut rester suspendue à un temps de production de bords, de trous et de passages à l’acte de séparation sans que cela l’amène à singulariser un symptôme. C’est dans ce temps que se situe une fascination particulière pour le trou réalisé par une autre fille. Un peu comme si l’autre prêtait le faux corps, l’imaginaire perdu, le trou du ballon, au moment précis où cela se produit. Comme si cet imaginaire se reconstituait dans la mimèsis tout en concrétisant en même temps le moment de sa chute. Et cela s’applique aussi bien aux filles du pensionnat du temps de Freud qu’aux filles d’Internet de notre temps.

 

Il est intéressant de remarquer que la mimèsis provoquée par Internet a une particularité qui la différencie de la mimèmis en présence : le rapport de chacun à son objet, médiée par la machine, donne l’illusion d’une manipulation de la jouissance, de contrôler ce qui est en principe incontrôlable. S’il faut encore attendre des études approfondies sur le sujet, il est possible de supposer que la mimèsis en présence conduit au groupe qui met un corps en acte – donc à une conformation hystérique, tandis qu’Internet met l’accent sur la jouissance de la manipulation – donc quelque chose de compatible avec l’apparition de nombreuses compulsions et rites purgatoires de l’obsession. La lettre d’amour des filles du pensionnat est le détour vers le récit de la demande amoureuse, alors que la compulsion met en acte un clivage apparemment sans demande.

 

Un film aborde ce clivage d’une manière aussi claire que surprenante : le film Nymphomaniaque de Lars Von Trier. Surprenant parce qu’il s’agit d’une femme alors qu’il est plus fréquent d’y voir un homme. Cette femme est prisonnière d’un clivage : d’un côté, l’amour excessif au père, de l’autre la jouissance sexuelle. Elle met en acte des quêtes de sexe dès l’adolescence, comme en miroir d’une amie. Et quand elle rencontre l’amour, elle perd la jouissance sexuelle. À l’âge de la maturité, sa quête se tourne vers la jouissance de la flagellation, laquelle lui permet de retrouver le plaisir. Mais elle perd le lien amoureux, y compris dans sa relation avec l’enfant qu’elle a eu de l’homme auprès de qui elle a recherché l’amour.

 

J’ai choisi cet exemple parce qu’il illustre un des aboutissements de la question de la coupure/jouissance adolescente. On pourrait se demander pourquoi l’amour pour le père du personnage ne l’a pas entraîné dans l’hystérie dans la mesure où elle était proche de lui. Peut-être que cette position dérive du moment où elle a un orgasme en regardant son père mort. On assiste au court-circuit que j’ai évoqué entre le trait et l’objet. Le choix de la flagellation advient de ce moment. Il y aurait certes beaucoup d’autres commentaires sur ce film, mais ce qui m’intéresse ici c’est la manière dont y est présenté l’effet de clivage amour/jouissance.

 

Ces questions abordées brièvement me permettent d’introduire le thème de mon intervention, dont le titre confronte l’urgence et les temps du transfert. L’urgence est caractéristique d’une superposition des temps logiques, elle les réduit à l’instant de voir. Cette superposition situe l’objet a comme présence, une position dans laquelle Lacan a défini l’angoisse. Dans le Séminaire sur le thème, il fournit un exemple que nous pouvons rencontrer dans différentes situations : celui d’un analysant qui éjacule au sommet de l’angoisse au moment de rendre sa copie d’examen. De même que les filles des coupures, cet exemple dit d’une superposition de l’objet a comme présence, qui court-circuite les temps dans un passage direct de l’angoisse à la jouissance. Une clinique de l’urgence s’oppose à la psychanalyse dans le sens où cette dernière présuppose une expérience de passage par le transfert. Et on peut ajouter : le transfert dont l’amour se situe à la base. Par conséquent, comment se construit l’amour de transfert à partir de l’urgence ?

 

Pour mieux situer la question, il faut évoquer le thème des discours et la manière dont s’établit le discours amoureux. Comme ce thème mériterait qu’on s’y arrête plus longuement et en profondeur, je me contenterai ici d’ébaucher quelques réflexions. Lacan a travaillé avec au moins trois propositions amoureuses produites par la culture : l’amour des Grecs, dans le Séminaire sur le transfert ; l’amour courtois, dans le Séminaire sur l’éthique de la psychanalyse ; et l’amour en tant que lettre dans la réflexion sur les jouissances. Que nous enseignent ces différentes faces de l’amour ? La première, nommée par Lacan dans la relation éraste/éromène, peut être située dans l’attrait d’un savoir en tant qu’énigme, exercée par le philosophe grec : l’agalma. Celle de l’amour courtois établit la dame en tant qu’objet interdit, inspiration de la chanson poétique. Et la troisième, celle sur la lettre/lettre d’amour, apparaît dans le séminaire sur les jouissances. Il y évoque à nouveau l’amour courtois, cette fois en tant que météore qui ne se dédouble pas, ne laisse pas de trace. Et dans ce temps surgit le discours de la science duquel résulte la psychanalyse. La spécificité de l’amour de transfert s’insère dans ce contexte.

 

Tout ce qui vient d’être dit pourrait faire l’objet de multiples dédoublements. Pour l’heure, je n’en citerai qu’un : à l’heure actuelle, le discours de la science ne peut être abordé que dans son rapport au capitalisme. Cela signifie tenir compte de la référence à l’objet inséré dans une équivalence de valeurs. Nous pouvons ajouter que depuis la psychanalyse cette non-différenciation – cette naturalisation – prend l’objet dans une extension du corps, qui indique une difficulté spécifique par rapport à la séparation. Ce thème de la naturalisation se rencontre dans l’influence des interprétations organicistes, qui dirigent aussi les informations des médias ; ou encore dans la surmédicalisation et la visée biologique de la psychiatrie. C’est par ce biais que nous parlons des « filles qui se coupent » comme d’un paradigme.

 

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais cela gênerait la réception d’une parole ponctuelle, limitée à ce contexte. J’aimerais laisser quelques indications pour la discussion. À travers l’exemple du film Nymphomaniaque, j’ai laissé entrevoir la perspective – qui se confirme dans les plaintes et les demandes cliniques – d’une tendance à la production de la névrose obsessionnelle. La ritualisation, différentes compulsions et le passage rapide de l’angoisse à la jouissance caractérisent de nombreuses expressions de cette clinique. Pour rappel, Freud qualifiait la névrose obsessionnelle de religion privée. Partant de là, nous pouvons dire que l’obsessionnel est un croyant de la jouissance, et donc qu’il ne sait pas jouer. L’actualité de la névrose obsessionnelle – celle qui est présente dans nos temps – résulte de l’enfance de l’équivalence des savoirs, ceux des spécialistes.

 

Pour conclure, la psychanalyse insère le dédoublement des temps du transfert qui fait avec la scansion, la suspension, le détour et la rupture dans cette clinique de l’urgence. Il faudrait trouver pour chaque cas l’élément qui peut être un médiateur susceptible de produire une séparation d’avec cet objet qui étend autant le corps. Mais dès à présent, nous partons d’un articulateur : le désir de l’analyste. 


 

 

Quero agradecer o convite de falar na Maison de l´Amérique Latine, a propósito da situação da psicanálise no meu país. É um tema relevante e traze-lo numa relação Brasil-França permite um descentramento da questão, situando-a numa condição mais ampla, da inserção da clínica psicanalítica na contemporaneidade.

 

Inicialmente, quero situar uma breve apresentação de minhas experiências, para indicar os elementos de que disponho para pensar a questão. Já faz alguns anos que mantenho uma regularidade de trabalho em três cidades do Brasil: Porto Alegre, Rio de Janeiro e São Paulo. Nelas, tenho tido a sorte de participar em diferentes âmbitos de circulação de discursos, bem como dos efeitos da inserção da psicanálise nesses lugares: seja na formação de analistas, na instituição de que faço parte (APPOA); seja no ensino universitário, conduzindo mestrado e doutorado na Universidade do Estado do Rio de Janeiro; seja no acompanhamento de residentes num ambulatório psiquiátrico da Universidade; ou mesmo na supervisão a equipes de ambulatório público, denominadas de CAPS. E, claro, sem deixar de mencionar um lugar de base: o atendimento em consultório, que também exerço nessas cidades. Essas distintas experiências me permitiram ter algumas ideias a respeito da situação da psicanálise no Brasil. Nesses lugares, apesar de não haver homogeneidade na inserção e influência da psicanálise, posso dizer que ela ainda está em expansão. Mesmo que em São Paulo encontremos sinais de fechamento ao lacanismo – no ano anterior foi fechada uma clínica e existem editais de concurso que impedem a contratação de psicanalistas no trabalho com o autismo – ainda assim é o efeito de sua grande expansão e valorização, principalmente entre os intelectuais. Resultado disso foi a designação, pelo governo, da colega Maria Rita Kehl, psicanalista da APPOA, na composição da Comissão da Verdade, para levantamento e testemunho público dos elementos traumáticos deixados pela ditadura militar no país.

 

Quero indicar, nesse “mapeamento”, a extensão da inserção da psicanálise, como também o que nos indaga ao participarmos desses lugares. Começarei minha exposição por uma questão clínica pontual, que me servirá de paradigma para uma apresentação mais abrangente. Com isso, sigo uma indicação que nos vem desde Freud, que tomava elementos aparentemente banais como índice de construções complexas – todo seu trabalho em “Totem e tabu”, por exemplo, segue essa linha de elaborações. Pois bem, anos atrás, a equipe de um CAPS de São Paulo (os ambulatórios públicos que já mencionei antes), procurou-me solicitando supervisão em relação a um caso que movimentava toda a instituição: tratava-se de uma menina de 12 anos que produzia cortes na sua pele. De lá, para cá, a demanda de supervisão em relação a casos semelhantes não parou de crescer: seja vinda de clínicas públicas, seja de psicanalistas em seus consultórios privados. Mais ainda, essa prática entre garotas se alastrou por muitos lugares do Brasil. Inicialmente surpreendi-me, porque costumava encontrar essas atuações em casos muito graves, o que não parecia ser a situação da maioria. Aos poucos fui vendo que se tratava de outra coisa. Algo que resulta, também, da ampla disseminação da busca por marcar o corpo hoje. Como estive trabalhando com este último tema, num livro publicado em 2003, essas demandas me interessaram particularmente.

 

O que imediatamente se constata é que essa prática produz compulsão. A internet tornou-se um veículo de disseminação dessas buscas, com a construção de blogs, em que são publicados testemunhos e fotos. Um desses blogs chamou-me a atenção. Seu título é “querida lâmina”, que parece substituir o antigo “querido diário”, com que as adolescentes de gerações anteriores começavam a construir-se uma intimidade discursiva. Ou seja, pareceu-me uma prática adolescente do lado de uma tentativa fracassada de separação. Recortemos duas questões que desenvolverei adiante: o tema da compulsão e a substituição, pela internet, das narrativas da “intimidade”, cuja construção inicial se dava – em gerações anteriores - com os diários. Voltarei a isso.

 

Os relatos das meninas (com frequência entre 12 e 14 anos) se repetem como desses textos sem sujeito: se angustiam, se cortam, se aliviam ao olhar o sangue saindo. Nos blogs na internet escrevem algo curioso: estão feridas na alma, por falta de amor, e por isso se cortam. É um paradoxo, porque a queixa diz de uma falta, mas a atuação diz de um excesso: cortam-se pelo excesso. São questões características de como se constitui a angústia, situada na relação entre imagem e corte: uma falta que se apresenta como excesso. A imagem surge como presença do objeto: o Unheimlich, tão bem assinalado por Freud. Ali se pode pensar na relação com a especificidade da imagem, na referência a uma estética, que é buscada nos posts que as meninas fazem na internet, com as fotos dos cortes. Pode-se supor, aqui, a passagem para um segundo tempo, numa busca por tentar produzir identificações. Parece constituir-se assim uma dinâmica contemporânea das tentativas de separação na adolescência, prevalente entre meninas. Este elemento – que seja prevalente entre as meninas – diz-nos que tem a ver com o corpo feminino, situando num mais além algo do corpo materno. Lacan, no Seminário Mais... ainda... nomeou esse momento de passagem constituinte do corpo como amuro, em que os caracteres sexuais secundários vêm para a jovem como sendo do corpo da mãe.

 

Um pequeno assinalamento sobre a questão adolescente: todos os que se detiveram na abordagem deste tema assinalaram sua condição de instabilidade e, por essa razão, se reconhece ali um momento de passagem. Mas passagem de que a que? Da infância ao que se convencionou chamar de adulto? Esta colocação traz a armadilha de supormos estados naturais, quando sabemos - a partir de Lacan - que sempre lidamos com a relação linguagem/discurso, na sustentação do corpo. Ou seja, com a necessidade de singularização - em formações do inconsciente e constituição do sintoma - dos efeitos da submissão à inscrição do significante fálico no discurso. Dizendo de uma forma resumida: a passagem adolescente, na medida em que ali se dá a constituição de uma posição sexuada, supõe o que Freud denominou “escolha de sintoma”, em termos de que sempre é uma escolha forçada. O sintoma é uma resposta possível à singularização de uma posição sexuada. Mas entre o sintoma da infância e o sintoma da posição sexuada há um gap, não há continuidade. Esse gap é experimentado na adolescência e é transposto como a um luto. Assim, as meninas que se cortam encontram-se nesse momento de passagem.

 

Para avançar no tema, transitarei pela especificidade da relação à marca no corpo, retomando alguns fundamentos da psicanálise, que me permitirão situar o que me proponho trazer aqui. O primeiro dizendo respeito a uma colocação de Lacan, de que o traço unário se marca primeiro como tatuagem. Assinalo que ao dizer “primeiro” há a suposição de desdobramentos de tempos lógicos. A segunda indicação situa-se no seminário sobre os discursos, na seguinte passagem:

 

...há algo de completamente radical – é a associação, no que está na base, na própria raiz da fantasia, dessa glória, se é que posso me exprimir assim, da marca. Falo da marca sobre a pele, onde se inspira, nessa fantasia, o que nada mais é que um sujeito que se identifica como sendo objeto de gozo. Na prática erótica que estou evocando, a flagelação, ...o gozar assume a própria ambiguidade pela qual é seu plano, e em nenhum outro, que se percebe a equivalência entre o gesto que marca e o corpo, objeto de gozo. (pg. 51)

 

Essas indicações reforçam a constatação da dificuldade implicada nessa demanda clínica, acrescida dos excessos constituintes das intervenções, seja dos pais – principalmente da mãe – seja das escolas. Ou seja, nela reconhecemos um curto-circuito entre traço unário e objeto de gozo, que interpela quem dessa questão se ocupa. Tanto a queixa, quanto a compulsão são seus índices. Nessas queixas a pele da adolescente é como um campo de batalha, em que se marca um encontro antecipado sexo/morte, numa posição extremada da relação ao grande Outro: seja em sua face de gozo, seja pela condição da angústia.

 

Uma das questões a ser pontuada diz respeito ao que Lacan situou como “glória da marca”, na passagem antes destacada. Aproxima-se do trabalho desenvolvido por ele no texto Kant com Sade, no qual situava as marcas que Sade fazia na cabeceira da cama para registro de seus orgasmos. Ali, pode-se pensar no desvanecimento do sujeito no gozo se confundindo com o encontro deste unário, como presença, como marca. Nos casos que nos detemos, a efemeridade desse encontro é o que estabelece a compulsão, na medida em que, por mais que as meninas se cortem, a separação não se dá – não se procede a um luto – e a dor é gozo.

 

Sublinho o tema do luto porque me parece relevante nesta questão. A produção dos cortes, em muitos casos, tem relação estreita com a separação do objeto. Minha referência ao objeto toma como base o objeto a, proposto por Lacan a partir do Seminário sobre a angústia. Quero assinalar uma questão importante, que se desdobra em algumas dificuldades da clínica. O ponto em que encontraremos o objeto como presença – raiz da angústia – está na expressão utilizada por Lacan ao situar as primeiras referências à separação para o infans: ele propõe o objeto seio, por exemplo, como amboceptivo – nem bem da criança, nem bem da mãe. Ou seja, a marca que situa o objeto num duplo jogo satisfação/separação, pode dizer respeito tanto ao corpo da criança, quanto ao corpo da mãe. A angústia é a dobradiça dessa fronteira nunca completamente estabelecida. As proposições posteriores ao seminário da angústia, do objeto a como um mais-de-gozar, rearticulam esse mesmo tema, fazendo-nos pensar na relevância da questão do luto na clínica. Nomeio “luto” a passagem por uma experiência que se desdobra em distintos tempos lógicos e que ressitua a relação com essa marca-objeto.

 

A passagem pelos tempos de um luto permite uma ancoragem no fantasma, que é uma forma de velamento do Real, como também a possibilidade de constituição de um laço mediatizado pelo amor. Vemos algo desse processo mais claramente em algumas buscas por tatuagens. Sublinho que não diz respeito a toda produção de tatuagem, é preciso ter sempre em consideração como se dão essas buscas em cada caso. Em alguns, se fazer tatuar traz como significação algo de um luto, bem como de uma demanda de amor, numa condição que se diferencia dos cortes antes mencionados. Digamos que quando a tatuagem ocupa essa condição – na sua especificidade e diferença em relação aos cortes – contém uma tentativa de velamento, própria do fantasma.

 

O segundo desenvolvimento que quero retomar diz respeito à colocação lacaniana que situa o corpo como amuro, no qual os caracteres sexuais secundários da menina vêm como sendo do corpo da mãe. Ali, o que se impõe é a passagem para uma posição sexuada, em que a construção adolescente situa a borda dessa posição. As dificuldades se constituem nesse momento. Acompanhamos um trânsito que implica tanto a angústia, quanto a constrição do corpo pela inibição, até a escolha do sintoma. Digamos que a atuação adolescente se detém na borda: numa anterioridade lógica à escolha do sintoma.

 

São muitas as razões dessas dificuldades, é preciso sempre situa-las no caso a caso, mas podemos assinalar uma especificidade que diz respeito ao enlace com o tema do amor. Esta especificidade a situamos na referência ao luto. O corte compulsivo da pele faz referência a um ato/objeto que não separa, porque o sujeito não encontra derivação como demanda de amor. Aqui me permito desdobrar um pouco a particularidade da relação amor/demanda, para poder situar a especificidade do amor na transferência – tema a que gostaria de chegar. Trago isso de uma forma rápida, com o assinalamento de Lacan no seminário Mais... ainda... em que ele pontua o tema do amor na relação à letra/carta. Nesta, reconhecemos a necessidade de passagem por diferentes tempos, em que o endereçamento implica em suspensão, desvio, engano. Ou seja, situa a relação entre ato e suspensão, própria do desvio que a perda das certezas, o desdobramento da dúvida, constrói como tempo de elaboração. Poderíamos pensar que a carta de amor é responsável pela construção de uma narrativa da intimidade, suspensa a um tempo de compreender, próprio de um percurso em que há um luto implicado. Pois bem, qual a especificidade dessa narrativa no que nos ocupa?

 

Retomo um tema deixado antes no aguardo e que implica o questionamento sobre os efeitos da internet, na disseminação que tomou a atuação dos cortes entre as meninas. A grande disseminação da busca pelos cortes hoje, que se estende indiscriminadamente a distintos lugares, resulta do efeito de contágio produzido pela internet. Essa afirmação precisa de justificativa, porque poderíamos indagar a razão dessa escolha e não qualquer outra, que se veicula por esse meio. O tema do contágio remete ao desenvolvimento freudiano que consta em Psicologia das massas e análise do eu, no famoso exemplo das meninas do pensionato. Lembro aqui essa passagem: uma aluna de pensionato recebe uma carta de seu amor – vejam aqui o tema da carta – que lhe provoca ciúmes e reage com um ataque histérico. Algumas de suas amigas, por contágio, sofreram o mesmo ataque.

 

Como vimos, para a menina o corpo do excesso remete à ligação ao corpo da mãe, o que provoca tentativas atuadas de separação. Agressividade, virulência, retração, fazem parte dessas tentativas. É a busca de produzir bordas corporais - limites no corpo – quando o mesmo perdeu a configuração imaginária e se confunde com a face real do objeto. Ou seja, quando a dissimetria de registros (RSI) perde uma diferenciação necessária. A jovem pode ficar suspensa num tempo de produção de bordas, furos e atuações de separação, sem que isso a leve à singularização de um sintoma. Situa-se neste tempo um particular fascínio pelo furo atuado por outra menina. É como se a outra emprestasse o falso corpo, o imaginário perdido, o furo do balão, no momento mesmo em que isso se processa. Como se na mímesis se reconstituísse esse imaginário, ao mesmo tempo atuando o momento de sua queda. Nesta última afirmação se fundamenta tanto o exemplo das meninas do pensionato, do tempo de Freud, quanto as meninas da internet de nosso tempo.

 

Interessa indagar se haveria uma particularidade nos efeitos da internet em relação a essa questão. A mímesis provocada pela internet traz um efeito que a diferencia da mímesis em presença. É a relação de cada um com seu objeto, compondo a ilusão de uma manipulação de seu gozo, de controlar o que em princípio é incontrolável. Correndo risco de precipitação, na medida em que ainda é preciso estudos maiores, direi preliminarmente que enquanto a mímesis em presença leva ao grupo que atua um corpo – logo, a uma conformação histérica – a internet foca no gozo da manipulação, logo, algo compatível com o surgimento de muitas compulsões e rituais purgatórios da obsessão. A carta de um amor, das meninas do pensionato, é o desvio para a narrativa da demanda amorosa, enquanto a compulsão dos cortes atua uma clivagem aparentemente sem demanda.

 

Reportemo-nos a um filme que traz essa questão da clivagem de uma forma ao mesmo tempo surpreendente e clara. Chama-se Ninfomaníaca, de Lars Von Trier. Surpreende porque se trata de uma mulher, onde é mais frequente encontrarmos um homem. Trata de uma mulher que fica presa numa clivagem: de um lado o amor excessivo ao pai e, de outro, o gozo sexual. Desde sua adolescência atuava as buscas de sexo, mas espelhada em uma amiga. Até que encontra o amor, mas perde o gozo sexual. Na maturidade sua busca se dirige ao gozo da flagelação, em que reencontra o prazer. Mas perde o enlace amoroso, incluindo a relação ao filho que teve com o homem com o qual buscou o amor.

 

Trago esse exemplo porque parece que explicita um dos destinos da questão do corte/gozo adolescente. Em primeiro lugar, poderia perguntar-se por que o amor ao pai – da personagem do filme – não a levou a uma histeria, na medida em que era companheira de seu pai. Podemos pensar que essa posição deriva do momento em que ela tem um orgasmo olhando seu pai morto. Ali se processa o curto-circuito que mencionei entre traço e objeto. A eleição pela flagelação advém desse momento. Teria outros muitos comentários em relação ao filme, mas destaco somente este, porque me interessa como é apresentado ali o efeito de clivagem amor/gozo.

 

Esses breves desenvolvimentos me servem para apresentar o tema em que contraponho - no título de minha fala - urgência e desdobramento dos tempos na transferência. A urgência é característica de uma sobreposição dos tempos lógicos, reduzindo-os ao instante de ver. Essa sobreposição situa o objeto a como presença, posição em que Lacan definiu a angústia. No Seminário em que trata do tema, ele traz um exemplo, que podemos encontrar em distintas ocasiões, de um analisante que, ao precisar prestar um exame, ejacula no máximo da angústia. Tal como as meninas dos cortes, esse exemplo nos diz dessa sobreposição do objeto a como presença, colapsando os tempos, numa passagem direta da angustia ao gozo. Pois bem, uma clínica da urgência se contrapõe à psicanálise, enquanto esta pressupõe uma experiência de trânsito pela transferência. Acrescente-se: transferência em cuja base se situa o amor. Então, como se constrói, a partir da urgência, o amor de transferência?

 

Para nos situarmos em relação a esta questão, precisaríamos transitar pelo tema dos discursos, na vertente de pensar como se estabelece ali o discurso amoroso. São questões que merecem desenvolvimentos maiores, além deste momento aqui, mas que anunciarei como linha de pensamento. Lacan trabalhou com pelo menos três proposições amorosas que a cultura produziu: o amor dos gregos, tema que desenvolveu no Seminário sobre a transferência; o amor cortês, seu sítio no trabalho sobre a ética da psicanálise; o amor enquanto letra/carta, quando se detém na proposição sobre os gozos. O que nos ensinam essas distintas faces do amor? A primeira - que Lacan nomeou na relação érastes/erômenos - pode ser situada na atração de um saber enquanto enigma, exercida pelo filósofo grego: o ágalma. Todo desdobramento que Lacan dá a essa forma de amor coloca o acento na passagem de objeto amado a sujeito desejante. Ele o exemplifica na mediação produzida pela posição de Sócrates. A segunda referência situa-se no amor cortês, o qual traz a Dama enquanto objeto interditado, inspiração da trova poética. A destacar, aqui, um acento na vertente sublimatória, na qual Lacan desloca o tipo de atração produzida pelo objeto amoroso: do brilho do ágalma para o contorno do vazio (o exemplo da construção do vaso pelo oleiro). E a terceira, a proposição de Lacan sobre a letra/carta de amor, constante do seminário em que propõe os gozos. Destaque-se, aqui, a especificidade da letra como lixo – o paradoxo do resto que não se escreve, mas que mesmo assim serve a uma escrita (o exemplo em Joyce). Neste Seminário, ele volta a mencionar o amor cortês, situando-o como um meteoro, que não se desdobra, não deixa vestígios. E então, nesse lapso de tempo, surge o discurso da ciência e a psicanálise como seu resultante. A especificidade do amor de transferência se insere nesse contexto. Digamos que o que dá o sentido a uma experiência singular é o desdobramento e desvios que padece a demanda de amor, no âmbito da transferência. A diferença inserida pelos tempos lógicos é o trânsito necessário, que singulariza a experiência analítica, propondo uma outra forma de laço amoroso.

 

Teria muito a desenvolver, mas dificultaria a recepção de uma fala pontual, limitada a este âmbito. Quero deixar algumas indicações para discutir. Quando tomei o exemplo do filme Ninfomaníaca, deixei entrever a perspectiva - que se confirma nas queixas e demandas clínicas – de uma tendência à produção da neurose obsessiva. A ritualização, diferentes compulsões e a passagem rápida da angústia ao gozo, caracterizam muitas expressões dessa clínica. Lembro, aqui, a colocação freudiana de que a neurose obsessiva é uma religião privada. Podemos dizer, nessa via, que o obsessivo é um crente do gozo e, nesse sentido, ele não sabe brincar. A destacar que o brincar na infância é a base para a construção ficcional, responsável pela construção futura do que conhecemos como “intimidade”. A atualidade da neurose obsessiva – esta que se produz em nossos tempos – resulta da infância da equivalência dos saberes, aqueles dos especialistas. Teria muito a dizer sobre essa equivalência, principalmente na relação ciência-capitalismo, mas fica para outra ocasião.

 

Assim, deixo indicado que a psicanálise insere o desdobramento dos tempos da transferência, que lida com a escansão, a suspensão, o desvio, a ruptura, nesta clínica da urgência. Dito assim poderia parecer banal e sabido, mas a verdade é que a inscrição de sua prática não o é. Em cada caso, precisaria se pensar qual elemento seria um mediador, possível de produzir separação desse objeto, que tanto expande o corpo. Mas, desde já, partimos de um articulador: o desejo do analisa.

 

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