La figure de l'étranger est curieusement dans la pensée freudienne celle qui confère aux formes antiques de la civilisation ses origines. Pour s'en persuader il suffira de lire Moïse et le monothéisme, où Freud fait de l'étranger le fondateur pour nous rappeler ce que le monothéisme juif doit à un Autre radicalement détaché de la chaîne des filiations qu'il autorise. Cet écart symbolique explique sans doute pourquoi il fut régulièrement fait appel à l'étranger pour asseoir l'ordre politique sous l'ancien comme sous le nouveau régime, pour justifier un ordre discursif en construction (qu'on relise Platon ou les philosophes du Moyen-âge), ou même pour instaurer un nouveau système d'écriture (c'est l'emprunt des idéogrammes chinois par le Japon ancien).
Mais dès lors qu'il n'est plus en position d'exception dans la Cité et qu'il doit séjourner dans la société où il migre, le sujet étranger court le risque de l'extranéité. Il doit renoncer à une filiation perçue comme illégitime par lui-même et par ceux qui l'accueillent, ou font mine de le faire. La question est donc de savoir pourquoi à la faveur des transformations sociales que nous connaissons l'étranger peut apparaître comme ce qu'il y a de plus hostile et rejoindre comme migrant la cohorte des envahisseurs imaginaires.
Peut-être la jouissance dans laquelle se trouve plongé le sujet de notre économie de marché trouve-t-elle un improbable appui dans une xénophobie qui loin de situer l'unheimlich à sa place, l'imagine au seuil de la frontière. D'où vient cette inquiétude ?
Il conviendrait pour répondre à cette question de mieux définir ce qu'est l'étrangeté et la place qu'en tant que réel elle peut occuper.
Programme 2007-2008 :
Responsable(s) : Pierre-Christophe Cathelineau et Jean-Jacques Tyszler
Lieu : 2e et 4e jeudis de 21h à 22h30, Association lacanienne internationale 25, rue de Lille, 75007 Paris
Contact : Pierre-Christophe Cathelineau tel : (33) 0 663 207 170 - pcathelineau@freud-lacan.com
Ce cercle de recherche contribue aux échanges entre analystes des deux pays proposant publications, colloques, rencontres. Il organise le cycle de conférences-débats
Lieu : Maison de l'Amérique latine, 217, bd St-Germain, 75007 Paris
Contact : Angela Jesuino-Ferreto tel : (33) 0 142 745 929
Responsable(s) : M-R. Cardoso Gil, L.-A. de Farias, A. Jesuino-Ferretto, C.-A. Mendes Garcia, G. Garcia
Contact : Angela Jesuino-Ferreto tel : (33)0 142 745 929
Lieu : Paris
Durant l'année universitaire 2002-03, le cercle d'étude a organisé un certain nombre d'exposés sur les grands cas cliniques de Freud en étudiant les lectures qu'avait pu en faire Lacan.
L'année 2003-2004 a été consacrée à la discussion et à l'approfondissement de ces réflexions afin d'en permettre la publication.
Responsable(s) : R. Chemama tel : (33) 0 142 603 535, C. Lacôte tel : (33) 0 142 772 752
Lieu : Paris
Ce cercle a pour objet d'étudier les mutations introduites dans le lien social à partir de la modernité et leurs effets sur la subjectivité. A partir des enseignements de la psychanalyse, comment rendre compte aussi bien de l'émergence de nouvelles pathologies que de la constance des questions du sexe et de la mort que cette clinique continue d'actualiser ?
Il s'agit donc d'appréhender la nouvelle donne du lien social telle qu'elle s'organise aujourd'hui, au travers de l'évolution du libéralisme, du développement de la science et du devenir de la démocratie ; il s'agit aussi de préciser quels mécanismes psychiques sont à l'oeuvre dans ce que certains appellent psychose - d'autres disent perversion - sociale ainsi que dans les phénomènes cliniques rencontrés dans la pratique quotidienne d'aujourd'hui.
Devoir constater un déclin - pour ne pas dire un effondrement - de la place du père, c'est-à-dire un effondrement du système patriarcal, en relation étroite avec l'évolution des religions monothéistes qui sont les nôtres dans le monde occidental, nous amène à quelles conséquences ? Devons-nous être alarmistes et penser que ce déclin du système patriarcal ne peut qu'entraîner dans son sillage un déclin du Nom-du-Père, ou même des Noms-du-Père, peu propice à organiser tant notre subjectivité que notre lien social, ou, avec l'appui de Freud mais surtout de Lacan, pourrons-nous tenter de rendre compte autrement du malaise grandissant que nous constatons ?
Ceux qui sont intéressés par ce thème peuvent s'adresser à l'un des deux responsables. Les réunions ont lieu le samedi sur convocation
Responsable(s) : J.-P. Lebrun, J. Marchioni-Eppe
Contact : Janine Marchioni-Eppe tel : (33) 0 479 600 649
Lieu : Paris
Artistes et psychanalystes ne sont pas loin, de s'entendre
Nous allons voir si un cri de l'assistance va nous montrer tout de suite la clef :
Responsable(s) : Denise Lachaud, Y. Pedron
Lieu : Association lacanienne internationale 25, rue de Lille, 75007 Paris
Contact : Denise Lachaud tel : (33) 0 142 018 878 fax : (33) 0 142 018 878 - lachaud-denise@wanadoo.fr - Y. Pedron tel : (33) 0 146 055 401
Si la positivation de l'objet qui fait la loi des échanges du monde moderne s'insinue dans la consistance des rapports des hommes et des femmes au point d'en exclure le vecteur de la différence, il en résulte structurellement une perversion des échanges, auxquels les enfants, puis les adolescents se trouvent invités à participer.
être le fruit du sexuel met toutefois ceux-ci dans une place où ils témoignent d'une impossibilité dont les adultes ne veulent rien savoir.
Toute ébauche de leur subjectivité risque d'être récusée par les adultes puisque mettant en cause la logique du mode d'échange de ceux-ci. Leurs initiative ne peuvent alors que se mettre en jeu dans des manifestations qui sont mal structurées parce qu'en défaut d'articulation à la parole de l'Autre, qu'il s'agisse des fonctions du corps, des apprentissages, de la mise en jeu de la sexualité, ou de toute affirmation de la responsabilité du sujet.
Les adultes qui sont sollicités par les adolescents du fait de leur position symbolique dans le social, parents, enseignants, soignants, éducateurs, etc... se trouvent interpellés au delà du simple exercice de leur fonction dans ce qui fait la structure de leur subjectivité.
Nous nous proposons de travailler sur ce point délicat où le symptôme reste à l'état d'ébauche à la fois en raison de son versant initiatique pour l'adolescent, de son versant de perversité pour le monde adulte et de l'effet de vérité qu'il suscite et étouffe dans le même temps. C'est une exigence éthique pour chacun de ne pas rester le sinthome le l'adolescent pour lui permettre un nouage borroméen des différents registres réel, imaginaire et symbolique et un coinçage de l'objet a.
Nous nous efforcerons dans notre travail, comme les années passées, de lier les difficultés que nous pouvons repérer dans nos pratiques dans des places et des fonctions différentes, à ces enjeux, pour en dégager les modifications que cet exercice impose à notre clinique.
Comme l'an passé, il semble précieux de partir des points où notre clinique se trouve interrogée pour repérer où nous nous trouvons tous participer à notre insu aux défenses sociales contre la subversion du désir.
Responsable(s) : Martine Lerude et Jean-Marie Forget
Contact : Jean-Marie Forget tel : (33) 0 142 229 202 - Martine Lerude tel : (33) 0 142 787 075
Lieu : Paris
Force est de constater que le lien social est de plus en plus tributaire d'inflations imaginaires que l'ordre symbolique ne peut endiguer pour les contenir. Ces résurgences du Réel, après les hécatombes du xxe siècle, engagent le lien social à un destin infiniment plus crucial que ce que Freud abordait en termes de Malaise dans la civilisation.
Face à la recrudescence de la psychopathologie dans le champ social, la question se pose de savoir si, légitimement, sur le terrain de la pratique, nous sommes encore dans la clinique du sujet ou dans la clinique du social ? à moins de se cantonner à l'atermoiement d'une théorie du trauma, chemin balisé par Freud, mais, vite dépassé par lui-même, l'apport lacanien en la matière est-il réduit, prématurément, à la désuétude, face à la montée galopante de diverses sciences cognitives et de l'efficience.
On peut, certes, ne s'en tenir qu'à la certitude réconfortante de pouvoir faire du feu de tout bois de la psychopathologie clinique sur les cendres de l'inconscient. Mais, il ne sert à rien de brûler le Livre, pour évincer la mémoire qui nous encombre. Il convient, plutôt, de juger à sa juste portée l'impact de ces hécatombes inédites et uniques du siècle dernier et la mutation irréversible que cet impact a engagé dans la structure même du lien social et par conséquent sur celle du sujet. Derrière ces nouvelles figures sacrificielles des terreurs sociales, dont la panoplie varie de l'intégrisme à l'attentat via le terrorisme conviendra-t-il d'en extraire les soubassements quant à l'agonie politique du sujet : un destin si funeste de l'objet (a) incarné dans un mode de jouissance mortifère à vouloir faire la peau de l'Autre à tout prix.
Comment envisager aujourd'hui l'étude du lien social sans considérer cette dimension humanicide que l'invention du génocide inaugure comme psychopathologie dans la métamorphose moderne du lien social ? Evidemment, la mutation clinique, aussi bien nosographique qu'épidémiologique, s'en trouve autrement éclairée. D'autant plus que, l'office d'offre de la prophylaxie de surface que nous procurent, indéniablement, les bénéfices secondaires des neurosciences et des thérapies cognitives pour notre bien-être immédiat, ne gomme pas, pour autant, voir accentue notre vulnérabilité constitutionnelle face aux caprices du Réel.
Responsable(s) : Gilles Lussac
Contact : Gilles Lussac tel : (33)0233967065 - gilles.lussac@free.fr
Le lieu, les dates et la fréquence seront déterminés en fonction des participants.
Lieu : Paris
En commun avec Espace Analytique
La surface de la peau, cet(te) étant du(e), ne se réduit pas à l'espace organisé par le moi imaginaire, qui introjecte le bon et rejette le mauvais mais est à lire comme une coupure qui touche au réel du corps.
Lieu du désir et de l'interdit, nous suivons à travers elle le parcours tracé par la bande unilatère de Möbius puisque la peau est cet espace troué, comme celui de la lettre, marquant son territoire de bords érogènes.
Si la peau et le cerveau naissent du même feuillet, l'ectoderme, sa clinique renvoie au déni incessant de la bouche des patients, des connexions que la peau entretient avec psyché. Elle est déjà de ce fait bien un lieu de l'inconscient, non seulement une surface mais une efface (Lacan). Comme le bloc-note magique elle imprime et masque.
Autrement dit cet entre cuir et chair, est à lire comme une surface (efface) d'impression de la chaîne discursive dont on déroulerait le parchemin pour déchiffrer le code qui en règle l'écriture.
C'est donc dans une dynamique nouvelle que nous interrogerons le dualisme entre le psychique et l'organique, éloignée du concept imaginaire de la psychosomatique ramenant à une conception moniste l'opposition traditionnelle de l'âme et du corps.
Nous analyserons le signifiant peau aussi à partir du concept de masse analysé par Freud dans Psychologie des masses et analyse du moi (1921) où Freud ramène comme une même pâte le moi et la masse montrant l'inanité de l'opposition entre la psychologie individuelle et la psychologie sociale, l'une procédant du narcissisme primaire et l'autre du narcissisme secondaire sur lequel se fonde l'Idéal du moi.
C'est à travers des cas cliniques que nous aborderons la peau en regard de ses troubles affichés interrogeant sans cesse la classification des pathologies de cette étendue ordonnées selon l'épidémiologie, la symptomatologie ou la topie : les maladies sexuellement transmissibles, les métamorphoses cutanées, les tatouages et les modifications corporelles seront envisagées à partir des localisations qui servent d'hôtes : les semi-muqueuses, les orifices et les surfaces, des comportements induits : les démangeaisons, les allergies, la douleur, les modifications esthétiques, toutes atteintes et productions narcissiques, des phobies, dysmomorphophobies, hypocondries, psychoses qui se tapissent à fleur de peau dans une attitude de mimésis... Et les enfants autistes n'ont-ils pas de peau ?
Lieu : Association lacanienne internationale 25, rue de Lille, 75007 Paris
Contact : Maya Malet - mayamalet@free.fr
La recherche PREAUT se poursuit en lien avec les travaux du groupe sur l'autisme : séminaire de M.-C. Laznik et du séminaire sur la clinique du bébé de G. Crespin, séminaires auxquels participent des collègues d'autres associations. (Voir École de psychanalyse de l'enfant de Paris (EPEP))
La recherche PREAUT vise, en collaboration avec les équipes de PMI la validation des signes du ratage de la structure.
Responsable(s) : R. Abibon, L. Benhabib, H. Bentata, G. Crespin, N. Hamad, M.-C. Laznik, P. Ridoux, J.-L. Sarradet
Contact : Marie-Christine Laznik tel : (33) 0 142 615 972
Lieu : Paris
Responsable : Graciela C. Crespin, 01 55 43 82 80, avec J.-P. Muyard, J.L. Sarradet , M.H. Wittkowski
Consultez le programme 2007/2008
Dans le cadre de l'Ecole de Psychanalyse de l'Enfant, des activités du Cercle sur l'Autisme et en articulation avec le déroulement de la recherche PREAUT, Graciela C. Crespin propose un séminaire mensuel qui accueillera tous ceux qui s'intéressent à l'émergence des processus psychiques chez le bébé.
Hervé Bentata, Marie-Christine Laznik 1er mardi de 21 h à 22 h 30 à partir du 6 novembre à l'A.L.I.
Hervé Bentata, Marie-Christine Laznik 1er mardi de 21 h à 22 h 30 à partir du 6 novembre à l'A.L.I. Ce séminaire abordera les points métapsychologiques concernant la constitution du sujet infant à partir de cas cliniques surtout de bébés avec leurs parents. Ce séminaire s'adresse à des psychanalystes d'enfants et d'adultes. Cette année le séminaire accueillera en outre un groupe des étudiants en Master II de psychologie de la Faculté de Paris XIII.
Responsable(s) : J. Wiltord, M-N. Yerro
Contact : Marie-Nadiège Yerro tel : (33) 0 596 510 845 - mnyerro@yahoo.com
Lieu : Curitiba
Depuis septembre 2006, un lundi par mois de 21h à 22h30.
(le 6 octobre 2007 la réunion se tiendra à Grenoble, département "Psychanalyse et champ social").
Jacques Lacan a peu évoqué le travail du psychanalyste en institution ce qui ne l'a pas empêché d'interroger ce qui détermine le lien social et les connexions entre sujet de l'inconscient et psychologie collective, à l'instar de Freud. Il nous a tout de même laissé en héritage le repérage logique des quatre discours qu'il a définis (ceux du maître, de l'hystérique, du psychanalyste et de l'université) pour mieux appréhender et spécifier ce qui fait lien social. Cette écriture des discours rend compte de leur circularité, de leur antipathie structurelle, mais aussi de leur interdépendance. Elle met l'accent également sur le caractère subversif du discours analytique sans omettre qu'il n'en repose pas moins sur les trois autres. Il n'y a pas, en effet, de discours analytique isolable qui fonctionnerait sui generis, n'en déplaise aux exégètes de Lacan qui le revendiquaient. Cette leçon est fondamentale pour les analystes qui sont engagés professionnellement dans les institutions qu'elles soient soignantes ou sociales. Le mérite du travail en institution est précisément de nous confronter de plain pied à ces différentes modalités des discours dont nous sommes avertis de l'antinomie, de nous faire méditer sur les méandres de l'évolution précisément sociale de ces institutions et de mieux entendre les conséquences cliniques engendrées. Ainsi, à partir d'expériences institutionnelles diverses et hétérogènes, nous proposons de réfléchir à la notion même d'institution au sens de ses implications, à l'intérêt et aux limites de la place du psychanalyste. Comment participer à mieux faire entendre le Réel à l'oeuvre, que ce soit pour les psychanalystes ou pour les professionnels ? Comment permettrede distinguer le praticable de l'impossible ou le possible à partir de l'impossible ? De quelles responsabilités, du psychanalyste se trouverait-il investi ?
La visée de ce cercle est d'être un lieu d'élaboration. Ses travaux sont préparatoires aux troisièmes journées d'étude du département de travail social qui se tiendront les 14 /15 mars 2009. Journées préparatoires les samedis 27 septembre 2008 et Janvier 2009
Lieu : Association lacanienne internationale 25, rue de Lille, 75007 Paris
Responsables : Jacqueline Bonneau, Jean-Marie Forget, Jean-Pierre Lebrun, Jean-Luc de Saint Just
Contact : Jacqueline Bonneau - 01 45 83 06 96