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Du mercredi 27 au samedi 30 août 2008
De 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 17h30
Espace Reuilly, 21 rue Hénard - 75012 Paris (M° Montgallet ou Daumesnil, Bus 46)
Responsables : Claude Landman, Martine Lerude, Valentin Nusinovici, Stéphane Thibierge
La fonction de l'écrit, et ce qu'en fait la psychanalyse, c'est ce que Lacan interroge dans D'un discours qui ne serait pas du semblant. La psychanalyse partage avec la science l'isolement de la lettre, et l'appui pris sur elle pour questionner le réel. Cependant elle le fait dans une démarche différente. Pourquoi ? C'est que l'écriture scientifique n'est pas orientée par un impossible spécifique. L'impossible, elle le rencontre dans les seules nécessités de sa combinatoire, et à la faveur de ce qui lui revient de ce qu'elle teste. C'est ainsi, semble-t-il, qu'elle interroge le réel.
L'écrit reçoit dans la psychanalyse un statut différent : ce que Freud isole des faits de l'inconscient, c'est qu'ils répètent quelque chose qui se donne à lire, et à lire comme ratage de la jouissance en tant que sexuelle. S'ils se donnent à lire, c'est que déjà c'est de l'écrit, qui résulte de la prise du corps dans le langage. Mais cette écriture, contrairement à celle que manie la science, est orientée par un impossible : celui du rapport sexuel. C'est cette orientation qui permet que s'inscrive le symptôme. Et c'est en tant qu'elle est ainsi orientée qu'elle peut faire effet de sens, interprétation, autrement dit présenter un côté de vérité. Cela, dit Lacan, est partout écrit chez Freud, mais on ne le lit pas. C'est sans doute que cette fonction de l'écrit reste chez lui approchée, relevée, mais non encore délibérément isolée dans sa valeur proprement logique. Elle est présente, certes, mais sous forme de mythe : celui de Totem et Tabou en particulier, et l'interdit qu'il présente, texte que Lacan relève comme le seul mythe moderne - écrit justement, c'est-à-dire unique dans son énoncé, alors que les mythes comportent toujours (cf. Lévi-strauss) une multiplicité de versions orales, éventuellement contradictoires.
Lacan donne ici à la fonction de l'écrit telle que la psychanalyse la révèle sa pleine autonomie, en la liant à ce que la science - nécessairement - ignore, c'est-à-dire au réel de la sexuation : à la jouissance sexuelle en tant qu'interdite, ou encore au non-rapport sexuel. C'est cette jouissance interdite, que Lacan appelle dans ce séminaire jouissance phallique, qui oriente ce qui se donne à lire, chez le parlêtre, des faits de l'inconscient. Lacan en donne ici une élaboration qui renouvelle l'abord de la castration, comme la manière différente dont un homme et une femme s'y rapportent respectivement.
Cette lecture isole, on le sait, une répétition à l'oeuvre : répétition de la jouissance en tant qu'elle rate. Mais du fait que cette répétition soit lue, quelque chose s'en arrête et peut s'inscrire. C'est de cet effet de retour du langage sur lui-même, à l'oeuvre dans la lecture, que Lacan attendait quelque conséquence de l'ordre d'un c'est écrit qui permette que ça change : "que l'écrit, dit-il, soit matériel de force à ce que changent nos propos". C'est cette recherche qui lui fait interroger les effets de retour sur le langage d'écritures autres que l'alphabétique - notamment la chinoise et la japonaise. Il y a là, dans cet effet de retour et ce qu'on peut en attendre, une question majeure de ce séminaire parmi celles que nous pourrons reprendre cet été.
Stéphane Thibierge
==> lisez le Dossier de préparation du séminaire d'été
Joindre un chèque bancaire ou postal à l'ordre de l'Association lacanienne internationale - 25 rue de Lille, 75007 Paris
Nous avons pris le parti d'isoler sept questions essentielles qui se déploient et se répondent tout au long de ce séminaire. Chacune d'elle sera introduite par un collègue responsable qui a lui-même choisi ses intervenants. Celui-ci veillera au développement de sa question tout en reprenant les avancées de Lacan en fonction de l'actualité sociale politique et psychanalytique. Il aura aussi la charge de soutenir les échanges et les discussions avec la salle.
Claude Landman : Introduction au séminaire
La lettre volée
Responsable : Claude Landman
Le semblant
Responsable : Valentin Nusinovici
Intervenants sur le semblant
Réception en l'honneur de Denise Sainte Fare Garnot
La fonction de l'écrit
Responsable : Stéphane Thibierge
Le phallus mis en fonction
Responsable : Bernard Vandermersch
Lituraterre, Littérature
Responsable : Cyril Veken
Impasses de la logique, impasses du sexuel : la subversion logique de Lacan
Responsable : Marie-Charlotte Cadeau
Retour sur les grandes questions cliniques ou le savoir du névrosé
Responsable : Martine Lerude
Table ronde avec Charles Melman
Conclusions
==> lisez le Dossier de préparation du séminaire d'été